l’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine.

Le Motu proprio de saint Pie X du 22 novembre 1903, concevait le chant grégorien comme expression officielle de la prière chantée de l’Église. Et le concile Vatican II (1962-1965) demandait que « tout le trésor de la musique sacrée soit conservé et cultivé avec la plus grande sollicitude. » Même si « l’Église approuve toutes les formes d’art véritables, si elles sont dotées des qualités requises [c’est à dire en connexion étroite avec le rite liturgique, en donnant à la prière une expression plus suave, en favorisant l’unanimité ou en rendant les rites sacrés plus solennels], et elle les admet dans le culte divin » l’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine. C’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales par ailleurs, devraient occuper la première place. Les autres genres de musique, et surtout la polyphonie, ne sont nullement exclus de la célébration des offices divins, pourvu qu’ils s’accordent avec l’esprit de l’action liturgique.

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« On en vient ainsi à un point absolument capital de la réflexion à propos du chant liturgique et de sa survie. La musique sacrée semble aujourd’hui appartenir au domaine des professionnels. Ne faudrait-il pas créer, ainsi que le suggère Marcel Pérès, autour de chaque cathédrale, lieu privilégié du déploiement de cérémonies liturgiques, des centres d’apprentissage dans lesquels chacun pourrait trouver auprès de professionnels de la culture liturgique la formation nécessaire afin de mettre en œuvre dans les paroisses le vœu de saint Pie X ? Ce système permettrait sans aucun doute d’éviter le piège de « l’élitisme » et de donner aux assemblées dominicales la place qui leur revient dans la liturgie tout en assurant un service musical bien nécessaire. » (extrait d’un article de Bruno Nougayrède)

Les maîtrises de cathédrales sont des lieux privilégiés où se forge minutieusement le répertoire de l’Église. En effet, la mise en œuvre des grandes pièces grégoriennes ou polyphoniques reste toujours bien délicate et demande une formation musicale et vocale approfondie.

Le grégorien demeure une source permanente d’inspiration pour les musiciens et participe pleinement à la louange divine. Comment concevoir un office sans les improvisations au grand orgue qui précède l’Introït des dimanches ? Comment se passer des antiennes qui préludent aux balancements du psaume des vêpres, des alléluias aux versets mélismatiques qui nous font percevoir un avant goût de l’éternité ? Comment ne pas être en communion avec l’assemblée pendant le Pange lingua du Jeudi Saint, les versets alternés du Gloria XI et du Credo I, le Veni creator des vêpres de la Pentecôte ?
L’instruction De musica in sacra Liturgia (textes relatifs aux réformes de la musique liturgiques faisant suite au concile Vatican II) classe les différents ministères du chant sous les titres suivants :

  • Le chant est un élément de solennisation.
  • Il donne aux textes une plus grande efficacité.
  • Il entoure de beauté la célébration liturgique.
  • Il est un élément de d’unité de l’assemblée.

« L’instruction souligne bien le service que la musique rend à la liturgie : elle conduit l’homme vers Dieu. Car l’homme, pour ce chemin vers Dieu, a besoin de chant, a besoin de musique : “Quand le poète écrit une hymne, quand le musicien l’habille d’une mélodie, quand le sculpteur taille dans la pierre le sourire d’une sainte femme, ils proclament encore le nom de Dieu.” La liturgie se doit d’utiliser toutes ses valeurs. Elle les sauve toutes en les consacrant à Dieu. » – Lucien Deiss

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Toutes ses remarques peuvent s’appliquer au chant grégorien. Le rôle de la maîtrise cathédrale est de tout premier plan pour valoriser le patrimoine musical ancien et en devenir. Le peuple chrétien a toujours eu le culte de la beauté qui est un chemin vers Dieu. Les innombrables cathédrales en témoignent sur le plan de l’architecture; le répertoire grégorien et polyphonique en témoigne sur le plan de la musique.

« La véritable culture est celle qui prend son sens dans le mot culte. L’art, et la musique en particulier, ne se situent dans notre authentique culture que dans la mesure où elle nous ouvre à ce culte qui, dès ici-bas, constitue la célébration de la Gloire de Dieu. » –  Joseph Samson