On pense souvent que La Belle et la Bête est un seul conte, ou simplement un film célèbre de Disney. En réalité, il existe une petite douzaine de films et plusieurs œuvres littéraires importantes qui portent exactement ce titre, en français ou en anglais. Le conte est ancien, mais il a été réécrit, adapté et transformé au fil des siècles, tout en gardant la même idée centrale : ne pas juger sur l’apparence.

Les origines du conte : de Villeneuve à Leprince de Beaumont
La première grande version connue de La Belle et la Bête est publiée en 1740 par Gabrielle-Suzanne de Villeneuve. C’est un long récit, très romanesque, rempli de fées, de secrets de naissance et d’intrigues de cour. Le conte que nous connaissons aujourd’hui vient surtout de la version abrégée par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, en 1756, qui simplifie l’histoire et insiste davantage sur l’éducation, la morale et les vertus de Belle.
Par la suite, plusieurs auteurs reprennent exactement le titre La Belle et la Bête ou Beauty and the Beast pour des pièces, romans ou albums :
- J. R. Planché, Beauty and the Beast, pièce en deux actes (1841) ;
- Sarah Tytler, Beauty and the Beast, roman (1886) ;
- Kathleen Norris, Beauty and the Beast, roman (1928) ;
- Nicholas Stuart Gray, Beauty and the Beast, pièce (1951) ;
- Fredric Brown, La Belle et la Bête, roman policier (1966) ;
- Marianna Mayer, Beauty and the Beast, album illustré (1978).
Si l’on ne retient que les récits en prose longue, on compte ainsi 4 à 5 véritables romans portant le titre exact, auxquels s’ajoutent d’innombrables réécritures avec des titres légèrement différents.
Les adaptations au cinéma : une petite douzaine de films
Le cinéma s’empare très tôt de cette histoire. On trouve par exemple :
- 1908 : La Belle et la Bête, film muet d’Albert Capellani ;
- 1934 : Beauty and the Beast, court métrage d’animation des Merrie Melodies ;
- 1946 : La Belle et la Bête, film poétique de Jean Cocteau, devenu un classique du cinéma français ;
- 1962 : Beauty and the Beast, film d’Edward L. Cahn ;
- 1976 : Beauty and the Beast, téléfilm produit pour Hallmark ;
- 1978 : Panna a netvor, film tchèque, distribué en France sous le titre La Belle et la Bête ;
- 1991 : Beauty and the Beast, long-métrage animé de Disney, qui popularise le conte auprès d’un très large public ;
- 2009 : Beauty and the Beast / La Belle et la Bête, film de David Lister ;
- 2014 : La Belle et la Bête, adaptation de Christophe Gans ;
- 2017 : Beauty and the Beast, remake en prises de vues réelles du dessin animé Disney.
En ajoutant quelques autres productions plus confidentielles, on arrive à une petite douzaine de films et téléfilms dont le titre principal est exactement La Belle et la Bête ou Beauty and the Beast.

La Belle et la Bête
Le monde enchanté de la Ferme aux Mille Lumières
Photo www.cine-art-loisir.com



Derrière toutes ces versions, l’histoire de base reste la même. Une jeune fille, souvent appelée Belle, accepte d’aller vivre dans le château d’une mystérieuse Bête pour sauver la vie ou l’honneur de son père. Elle a peur : la Bête est monstrueuse, sa voix est grave, le château est sombre et inquiétant.
Peu à peu, Belle découvre pourtant que la Bête n’est pas méchante. Au contraire, elle se montre polie, généreuse et attentionnée. Elle lui parle avec douceur, lui laisse de la liberté, lui offre une belle chambre, de bons repas, des cadeaux. Ce qui semblait une prison devient un lieu où peut naître une véritable amitié.
En apprenant à se connaître, Belle et la Bête découvrent leurs peurs, leurs blessures et leurs qualités. Belle s’aperçoit qu’elle est plus libre qu’elle ne le croyait : libre de dire non, libre de réfléchir, libre d’aimer ou non. La Bête, elle, apprend l’humilité, la patience et le respect. Petit à petit, ils passent de la méfiance au respect, puis du respect à l’affection, et enfin à l’amour.
Un jour, Belle découvre le secret : la Bête est en réalité un prince victime d’un sortilège, et seul un amour sincère peut le délivrer. Quand elle lui avoue qu’elle l’aime « telle qu’elle est », sans attendre qu’il redevienne beau, le sort se brise. La Bête retrouve son apparence humaine, mais ce qui compte vraiment, c’est la transformation intérieure qu’ils ont tous deux vécue.
Le sens du conte : la beauté du cœur
L’histoire : une jeune fille, une Bête et un secret
À travers toutes ses variantes, le message de La Belle et la Bête reste simple et profond :
- On ne doit pas juger une personne sur son apparence extérieure ;
- La vraie beauté est celle du cœur, pas seulement du visage ;
- L’amour, la bonté et la fidélité peuvent transformer les personnes en profondeur.
Le conte nous invite à regarder au-delà du premier regard : derrière une allure étrange, un caractère brusque ou un visage peu séduisant, il peut se cacher une personne extraordinaire, que l’on ne découvre qu’avec patience et bienveillance.
C’est pour cela que La Belle et la Bête continue de parler à la fois aux enfants et aux adultes. À chaque nouvelle adaptation, le décor change, les costumes évoluent, les dialogues se modernisent, mais la question reste la même : qu’est-ce qui est vraiment beau chez une personne ? Le conte y répond avec douceur : c’est ce que l’on porte en soi, et la manière dont on aime.

