Jeudi-Saint – La Cène et l’institution de l’Eucharistie

En cette période de confinement, nous vous proposons un long extrait de l’ouvrage « Vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ» de Louis-Claude Fillion. Temps de lecture de cet article : une heure environ. — Photos issues de l’exposition permanente « La Cène » de la Ferme aux mille lumières.

A. La Cène ou dernier repas du Christ

1. Les circonstances

Dans la soirée, Jésus quitta Béthanie et prit avec ses apôtres le chemin de Jérusalem, de manière à arriver au cénacle un peu avant l’heure où devait commencer le repas légal. La ville était toute en fête. Les rues étaient remplies de gens qui se dirigeaient aussi, joyeux et affairés, vers la maison où ils mangeraient l’agneau pascal. De cette cité qu’il avait tant aimée et qui avait résisté constamment à ses appels, Notre-Seigneur devait sortir le lendemain, chargé d’un bois infâme, pour aller au Golgotha afin d’y être crucifié. Mais, auparavant, quel doux et consolant mystère il allait célébrer au milieu de ses disciples les plus chers et les plus intimes, et quel mémorial infiniment précieux il laisserait à son Église ! Conduit sans doute par l’un de ses deux envoyés, qui l’avait rejoint dans la soirée, il pénétra dans la grande salle, bien ornée et bien éclairée, qui avait été mise en réserve et préparée pour lui.

Lorsque les trompettes sacerdotales, au son strident, eurent donné le signal convenu, pour annoncer qu’il était l’heure de commencer le repas, Jésus et les apôtres se mirent à table, c’est-à-dire ainsi qu’il a été expliqué antérieurement, qu’ils s’étendirent à demi sur les divans disposés en fer à cheval. Il ne paraît pas qu’il y ait eu, ce soir-là, d’autres convives que les membres du collège apostolique, les évangélistes ne mentionnent que ces derniers soit avant, soit pendant, soit après le repas, et l’on conçoit que le divin Maître ait voulu demeurer seul, en cette circonstance solennelle, avec ceux qui représentaient éminemment son Église. N’allait-il pas ajouter une dignité nouvelle, celle du sacerdoce, à celle dont il les avait honorés déjà depuis longtemps, et n’avait-il pas à leur faire, dans un saint et très doux tête-à-tête, des recommandations particulières ?

2. La tradition de l’agneau pascal

À l’origine, conformément à la loi, les Hébreux mangeaient l’agneau pascal debout, les reins ceints, un bâton à la main, dans l’attitude des voyageurs. Mais cette prescription ne tarda pas à tomber en désuétude, avec plusieurs autres qui avaient particulièrement en vue la « Pâque égyptienne », comme parlent les rabbins. La Pâque dite « perpétuelle » n’avait plus le caractère simple et austère des temps anciens. Des règles nouvelles s’étaient introduites, en particulier celle de célébrer la cène légale, non plus debout comme des esclaves, mais dans l’attitude que les Grecs et les Romains avaient adoptée pour prendre leurs repas. Nous voudrions connaître exactement la place occupée sur les divans par Notre-Seigneur et par chacun des Douze ; mais on ne peut faire à ce sujet que des conjectures plus ou moins vraisemblables, d’après les usages gréco-romains. Plus loin, cependant, une particularité du récit de saint Jean nous permettra peut-être de préciser certains détails avec quelque vraisemblance.

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